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12e journée d’échanges FFA : « Nous allons tenir compte de tous les commentaires, et les intégrer dans la mesure du possible lorsqu’ils sont vérifiés et nécessaires. »

  • 24.10.2019

Environ 80 personnes se sont réunies le 26 septembre à Berne afin de mener une réflexion critique sur l’état actuel de la révision de la FFA. Pour Andreas Schubiger, spécialiste en soutien pédagogique professionnel et modérateur de la journée, tous les commentaires sont importants et leur contenu va être pris en compte dans la mesure du possible. Ils seront aussi intégrés dans la suite du processus de révision du Brevet fédéral de formateur/trice d'adultes.

Entretien avec Ronald Schenkel

C’est la deuxième fois que la réforme du système modulaire FFA est au centre de la discussion de la journée d’échanges. D’après vous, quel est le rôle de cette journée d’échange ?

Cette 12e journée d’échanges FFA offre l’occasion idéale de rassembler un maximum de prestataires de formation continue, de les informer sur l’avancement du processus et de les y impliquer. Il était primordial dans la phase actuelle, d’écouter à nouveau la voix des prestataires de formation continue. Nous devons prouver notamment au SEFRI, que nous organisons des démarches de consultations telles que celle-ci. Nous utiliserons également l’outil des journées d’échange dans l’avenir lorsqu’il s’agira de l’implémentation de la révision.

Cette fois-ci, environ 80 personnes se sont réunies à Berne pour travailler et discuter lors de discussion sous forme de tables rondes. Comment expliquez-vous cette forte participation ?

Nous avons heureusement toujours observé une forte participation à nos journées d’échange. L’engouement des participants à cette édition est clairement dû au fait qu’il s’agit de leur propre produit qui leur tient très à cœur. Il existe en d’autres termes un fort intérêt personnel.

La consigne donnée aux participants était d’adopter un regard critique sur les résultats obtenus pour la réforme. L’ont-ils fait ?

Oui, manifestement, bien qu’il y ait eu des différences. Entre-temps, les profils métier sont déjà relativement bien définis. Dans le cadre de la journée d’échange, nous étions prêts à aller dans le détail sur ce sujet. Certaines questions posées à ce moment ont révélé des incohérences. Bien sûr je n'ai pas encore tout évalué, mais je suis persuadé de pouvoir davantage faire mûrir les profils de compétences grâce à ces retours d'informations. Sur la deuxième partie de la journée, concernant la procédure de qualification, il apparaît d’ores et déjà clairement qu’il faudra concilier ce qui est souhaitable et ce qui est réalisable. Sur ce sujet, on voit bien que les expertes et les experts ont pleinement utilisé leurs compétences complémentaires. La troisième partie, dans laquelle il s’agissait du système modulaire en soit a été la plus critique. Nous nous attendions à cela puisque nous avons sciemment présenté une version encore incomplète de la révision. Cette version a été développée sur la base de l’évaluation du sondage des prestataires de l’année dernière. Par le biais de ce sondage, nous avons reçu des indications sur la manière dont le système modulaire devrait être modifié. Une réduction des passerelles, une plus grande flexibilité du système, mais aussi des suggestions sur le contenu ou sur la méthode ont été repris dans cette ébauche. Ces demandes de révision ont été validées par un grand ensemble des représentants d’employeurs notamment lors du premier atelier de cette année.

Comment allez-vous intégrer les retours obtenus ?

Nous allons tenir compte de tous les commentaires, et les intégrer dans la mesure du possible lorsqu’ils sont vérifiés et nécessaires. Cependant, revenons-en concrètement aux retours d’informations. Dans un premier temps, je vais les transcrire et les résumer. L’évaluation aura lieu dans un deuxième temps, puis finalement, je vais essayer d’intégrer les résultats. Il y aura aussi des propositions concrètes de changement et comme certains des commentaires des participants se contredisent, nous présenterons ensuite des variantes à l’organe responsable, c’est-à-dire la commission AQ.

Lors du sondage « Mentimeter » sur l’accord ou le rejet des nouveaux profils métier, les suisses romands se sont montrés plus critiques que les Suisses allemands. Comment expliquez-vous cela ?

En règle générale, il ne faut pas accorder trop d’importance à ce genre de baromètre d’opinions. Les questions étaient formulées de manière globale et pouvaient laisser de la place à l’interprétation. J’ai pu observer que pour les Suisses romands le report des profils métier est plus important que pour les Suisses allemands. En Suisse allemande, il existe d’autres systèmes que dans la Suisse romande, ce qui mène à une pression moins forte lorsqu’il s’agit du brevet fédéral des formateurs et formatrices. Alors qu’en Suisse romande, la concurrence est encore plus forte avec les diplômes des responsables de formation professionnelle ou des universités.

Andreas Schubiger, spécialiste en soutien pédagogique professionnel de la révision, va recueillir les résultats de la 12e journée d’échanges FFA et les évaluer. (Image : Ronald Schenkel/FSEA)

Sondage « Mentimeter »

Y aurait-il aussi des différences culturelles ?
Je constate que dans le domaine de la conception des compétences, nous avons des points de références différents. La Suisse romande se basent sur des articles scientifiques francophones que nous ne prenons pas en compte. Inversement, les articles germanophones et anglophones qui sont primordiaux chez nous, ne sont que marginalement considérés en Suisse romande. Les différences ne sont pas énormes, mais il y a des nuances qui engendrent parfois des opinions différentes. Nous avons l’occasion d’intégrer ces deux mondes dans un même processus et de profiter de la richesse de la culture de la formation continue de la Suisse romande. C’est pourquoi, je me réjouis de constater que Patrick Rywalski de l'IFFP a essentiellement fait référence aux sources francophones lorsqu’il a parlé de l’évaluation des compétences.


La plupart des questions posées concernent le modèle actuel du système modulaire. Pourquoi ?
Certains doivent avoir le sentiment que tout est déjà définitif, alors que ce n’est pas le cas. Nous avons présenté une ébauche qui, comme déjà évoqué, repose sur les principaux résultats des retours d’informations. Et pourtant, en tant que prestataire, dès que je vois un système modulaire qui varie de l’actuel modèle, cela déclenche des réflexions économiques et je cherche comment le mettre en œuvre. Le défi pour l’organe responsable sera alors d’accepter les critiques mais sans se laisser influencer par les intérêts personnels.

Plusieurs groupes de participants se sont posé la question de la mise en œuvre des modules optionnels. C’est plutôt difficile pour les petits prestataires, n’est-ce pas ?
De prime abord, on pourrait penser que tout le monde doit proposer des modules optionnels. Alors qu’un système modulaire permet que l’utilisateur change d’avis. En effet, le système modulaire donne la possibilité à un petit prestataire de se positionner grâce à un module optionnel spécialisé adapté à ses besoins particuliers. Nous ne l’avons pas assez mis en avant dans la communication, mais il existe de nombreuses possibilités. Le but de cette réforme a été et est toujours de permettre aux divers prestataires de proposer une offre adaptée à leur clientèle qui est en partie très spécifique. Nous contribuons ainsi à une plus large professionnalisation de la formation continue pour adultes.

Il a été critiqué que les modules optionnels mènent à des profils différents qui portent cependant le même titre ? Y voyez-vous aussi un danger ?
Il existe plusieurs réponses. Finalement, les modules doivent tous passer par le même processus de qualification. Or, actuellement déjà, les personnes concernées proviennent de divers horizons. Nous essayons d’en tenir compte davantage, en évitant d’enseigner des compétences qu’elles ne pourront pas mettre en pratique. Les employeurs ainsi que les prestataires de formation continue nous ont déjà signalé que nous devons devenir plus flexibles sur ce point.

Vous allez donc rassembler tous les retours, les évaluer et les intégrer dans la réforme. Qui aura le dernier mot ?
La commission AQ, qui est l’organe responsable, doit approuver les grands changements. À la fin, c’est la direction des organes responsables qui doivent approuver les résultats de la réforme. Nous disposons, sous la forme de la commission pour l’assurance qualité, d’un groupe d’experts qui prend des décisions sur le contenu. Pour la mise en œuvre, nous avons la chance d’avoir accès à un système professionnel sous la forme d’un conseil d’administration. À la fin du processus, le SEFRI doit approuver les règles et directives d'examen.