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Assurer la pluralité de la formation continue après la crise du COVID19

  • 20.04.2020

Dans un article publié dans Ticinonews, Paolo Ortelli, président de la Conférence cantonale pour la formation continue (CFC), exprime les préoccupations du secteur de la formation continue au Tessin et en Suisse, concernant la situation d'urgence provoquée par la pandémie.

La crise provoquée par le Covid-19 et les mesures définies par la Confédération pour tenter de faire face à cette "situation extraordinaire" mettent la population et l'économie suisses à rude épreuve.

Malheureusement, les mesures décrétées ont également un fort impact sur le secteur de la formation continue. La situation d'urgence met en grave difficulté les établissements de formation continue de toutes tailles et de tous niveaux : des formateurs individuels indépendants aux établissements d'enseignement de moyenne et grande taille, sans parler des universités proposant des cours de formation continue.

L'interdiction d'organiser des formations en présentiel entraîne pour tous les acteurs du secteur, des pertes importantes de leur chiffre d'affaires. Les mesures louables et significatives mises en œuvre par la Confédération et les cantons pour l'ensemble de l'économie, telles que les indemnités de chômage partiel, ne couvriront qu'une partie des coûts salariaux occasionnés par les activités de formation qui n'ont pas eu lieu.

Mais que se passera-t’-il après la levée de l'interdiction de suivre une formation ? Ces aspects, qui sont liés à une reprise économique très lente qui pourrait durer des années, placent l'ensemble du domaine dans une situation similaire aux activités commerciales ou à la restauration, car il ne fait aucun doute que l'ensemble du secteur de la formation continue devra faire face à une contraction importante de la demande.

Les mesures de réduction des coûts que de nombreuses entreprises devront mettre en place en réponse à la crise, toucheront probablement en premier lieu le domaine de la formation. Il en va de même pour les personnes privées : les sentiments d'incertitude et de peur liés à la propagation du virus, affectent négativement la planification de futures activités de formation continue. Le domaine de la formation s'attend donc à une lente qui pourrait durer encore plusieurs d'années après la fin des restrictions.

Comme si cela ne suffisait pas, de nombreuses institutions dans cette situation d'urgence ont dû faire face à des investissements à contre-courant, visant à leur permettre de continuer, au moins en partie, à offrir des activités de formation en adaptant les structures, les programmes, les méthodes et les cours d’apprentissage numérique.

Face à ce tableau très sensible et inquiétant, la Conférence cantonale pour la formation continue (CFC) a rejoint la Fédération suisse pour la formation continue FSEA et toutes les grandes organisations de formation au niveau national, pour exprimer publiquement leur grande préoccupation. Il est vital, dans cette urgence, de ne pas oublier le domaine vital de la formation continue, caractérisé par une forte présence de petits et micro-instituts de formation et de format/eurs-rices indépendant-e-s qui voient leur existence sérieusement menacée.

Le risque d'endettement et de faillite de nombreuses institutions et de nomb/reux-euses indépendant-e-s est encore plus concret dans un canton comme le Tessin où, malgré la nature dynamique du secteur, le contexte démographique et socio-économique particulier affecte fortement les marges de manœuvre des institutions de formation de toutes tailles, qu'elles soient publiques ou privées.

C'est pourquoi, et c'est le message qui est porté au niveau national afin d'éviter un appauvrissement dangereux du paysage de la formation continue en Suisse et au Tessin, la Conférence cantonale pour la formation continue (CFC) considère que la Confédération et les cantons doivent impérativement:

- apporter une aide immédiate sous forme d'indemnisation aux institutions et aux travailleurs du secteur.

- promouvoir la numérisation de l'offre

- soutenir la demande, avec un programme de promotion, en concertation avec les organismes de formation et visant à encourager la population à reprendre des activités de formation continue, que ce soit sous forme numérique ou, le plus tôt possible, en présentiel.

L'avenir et la relance qualitative de toute l'économie ne se feront pas sans une nouvelle formation continue performante.

Car comme nous avons toujours aimé nous en souvenir, seuls « ceux qui s'entraînent ne s'arrêtent pas ! »

Paolo Ortelli

Président, Conférence cantonale pour la formation continue (CFC)

Article publié dans Ticinonews le 15.04.2020

Paolo Ortelli, Président de la Conférence cantonale pour la formation continue (Image CFC)