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Comme un magasin à plusieurs entrées

  • 16.02.2018

Peut-on se passer des médias sociaux en tant que formateur d’adultes indépendant? Marc Böhler répond à la question de manière surprenante.

Interview Ronald Schenkel

Marc Böhler, combien de messages par semaine écrivez-vous sur Facebook?
Entre dix et trente messages. Mais, en fait, je trouve la question non pertinente dans ce contexte: mes messages sur Facebook ont moins à voir avec moi en tant que formateur indépendant qu’avec ma joie d’être actif personnellement sur ce média.

Est-ce que cela signifie que Facebook et les autres réseaux sociaux n’ont aucune utilité pour les indépendants?
Les médias sociaux ont deux fonctions. D’une part, ils servent à publier des idées ou à participer à des discussions, pour montrer que l’on est compétent. Je reconnais que cela n’est pas tout à fait anodin dans le cadre de mon métier de formateur en compétences médiatiques. D’autre part, la présence sur ces réseaux nous rend plus accessibles et favorise la mise en contact: c’est peut-être l’aspect le plus important. Je donne aux clients une opportunité supplémentaire de m’atteindre.

Cela rapporte-t-il quelque chose?
D’après mes sept ans d’expérience en tant qu’indépendant, je peux dire que mon site web et le bouche-à-oreille étaient beaucoup plus efficaces que ma présence actuelle sur les réseaux sociaux. Mais le client est roi et il doit avoir la possibilité de me joindre par le moyen qui lui est le plus agréable. Même si je ne suis pas submergé de demandes via les réseaux sociaux, il en vient toujours par ce truchement.

Est-ce que cela vaut pour tous les réseaux?

Twitter ne fonctionne pas de la même façon et on ne m’a encore jamais contacté la première fois par ce moyen. Si Twitter est très utile pour se tenir au courant de sujets précis, cela ne m’apporte pas de clients. Instagram et Pinterest non plus. Ce sont des réseaux utiles pour des personnes travaillant dans un domaine créatif, par exemple.

Il est souvent rappelé de réfléchir avec soin à sa présence virtuelle. Est-il possible de compromettre son entreprise avec les réseaux sociaux?

La plupart du temps, la clientèle arrive sur recommandation. Bien sûr, la personne qui veut vous contacter devra tomber sur des profils numériques qui lui paraissent plutôt raisonnables. Sur les réseaux LinkedIn et Xing, vous devez vous présenter et être reconnus comme professionnels. Mais une photo sur Facebook qui vous montre en train de faire de la luge avec vos enfants ne sera pas déterminante.

Qu’est-ce qui est déterminant?
Beaucoup de gens se sont constitué un bon profil, mais négligent ensuite de l’entretenir, oublient même son canal de diffusion et ne répondent pas aux messages directement adressés. Imaginez que vous ayez un magasin à plusieurs entrées, mais dont une seule est ouverte: vous perdriez ainsi de nombreux visiteurs de passage.  

Est-ce que l’on peut se passer des médias sociaux?

Comme je l’ai dit, les médias sociaux nous rendent plus accessibles et offrent des canaux de communication supplémentaires. On peut y renoncer, ou non. Mais les médias sociaux sont bien plus que Facebook et compagnie. Par exemple, j’ai une page MeetMe sur le site Doodle. Là, des clients potentiels peuvent voir quand je suis en ligne. C’est un service supplémentaire, qui augmente ma transparence. Je ne voudrais pas m’en passer.

Biographie express:
Marc Böhler est formateur indépendant, spécialisé dans les nouveaux médias. Il est présent sur www.mebimabo.com ou Facebook et aussi sur Xing, LinkedIn et Twitter.

Marc Böhler (Bild: RS)

Education Permanente: Lieux de formation et les indépendants

L'interview a été publiée en allemand dans le numéro 1 / 2018 du magazine "Education Permanente". D'autres thèmes du magazine sont les lieux d'apprentissage: Qu'est-ce qui fait d'un lieu un lieu d'apprentissage et à quoi servent les lieux d'apprentissage exotiques comme le désert? 

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