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Réorientation de carrière pour un monde plus durable

  • 21.01.2019

Le film «Demain» a montré que chacun pouvait apporter sa contribution pour un monde plus durable. Dans ce domaine, la demande en formation continue ne cesse de progresser. Beaucoup de Suisses cherchent à apporter une touche verte à leur travail ou à en changer pour donner du sens à leur action.

Charly Veuthey, EP 4/2018

En 2013, après un voyage de vingt mois en Amérique latine, Céline Mayor remet son travail en question: «Après une formation HEC, des emplois dans la banque et le marketing, j’ai pris conscience que je devais donner un sens à mon travail et faire quelque chose, chez moi, pour apporter ma contribution dans le domaine environnemental.» Elle décide de suivre la formation de conseiller/ère en environnement créée par le WWF et dispensée par le SANU.

Initialement, elle a l’intention de mettre les compétences acquises au service de ses fonctions. Finalement, elle va plus loin: elle réoriente sa carrière et devient responsable de classe dans la formation de conseiller/ère en environnement du SANU. Elle a également créé l’association ECHO Impulsion.

Le SANU propose trois formations. Parallèlement à celle déjà mentionnée, on peut suivre celle de «chef-fe de projet nature et environnement». Les deux formations peuvent être menées en cours d’emploi et déboucher sur un brevet fédéral. Elles sont accessibles à toutes les personnes titulaires d’un CFC. Enfin, une troisième formation, également créée par le WWF, permet d’être coaché pour devenir éco-entrepreneur – un cours pratique de sept jours.

Sous l’effet des évolutions législatives et sociales, la demande de ce type de formations se renforce. Le 24 avril, le SANU organisait la «Journée de la formation en environnement» avec, au programme, l’état du marché et des métiers liés à l’environnement et les différentes formations disponibles (voir encadré).
La formation de conseiller/ère en environnement (sur 54 jours) a pour objectif de donner aux participants-e-s les bases nécessaires pour qu’ils puissent apporter une touche durable à leur métier, par goût ou par nécessité. Car aujourd’hui, il est évident que ces notions ont imprégné les entreprises et l’administration.

La formation donne les connaissances de base en environnement: biodiversité, changement climatique, déchets et énergie, sol, eau… Les participants-e-s sont aussi formés au cadre légal, économique et politique ainsi qu’à la gestion de projet. On leur dispense les compétences nécessaires pour négocier, sensibiliser et communiquer afin qu’ils puissent mettre en œuvre leurs idées. Les spécialistes du domaine qui interviennent dans la formation leur permettent également de constituer un réseau utile par la suite. À la fin de la formation, ils sont capables d’orienter des tiers vers une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et de concevoir et réaliser des projets innovants dans le domaine de la durabilité.

Nouveau défis professionnels

En août 2017, 24 personnes ont commencé cette formation (une volée tous les deux ans). «La classe compte un informaticien, un collaborateur communication d’une multinationale, un enseignant, plusieurs collaboratrices et collaborateurs de communes, actifs dans les espaces verts ou les déchets, une municipale d’une ville vaudoise…», détaille Céline Mayor.

Les diplômés en fin de formation peuvent aussi se présenter au brevet fédéral s’ils font valoir dix-huit mois de pratique dans le domaine. À ce jour, 450 personnes ont suivi la formation. Parmi elles, beaucoup ont décidé de réorienter leur carrière professionnelle. Les témoignages recueillis par le SANU l’illustrent bien. Une participante souligne que «la formation l’a convaincue de rechercher un autre emploi pour relever de nouveaux défis professionnels».

«La formation est très orientée vers la pratique, note Céline Mayor. Les participants doivent réaliser un travail de groupe de six mois en fin de cycle.» Plus de 100 projets ont ainsi été réalisés, dont beaucoup ont des répercussions aujourd’hui encore. De la consommation responsable à la rénovation énergétique en passant par le recyclage des déchets, le management environnemental, la préservation de la biodiversité ou la mobilité, les thèmes sont variés.

La formation contribue-t-elle au changement que nous attendons pour sauver la planète? Réponse limpide de Céline Mayor: «Dorénavant, je me lève chaque matin dans l’idée que mes efforts contribuent à la création d’une société plus durable. Les gens qui suivent cette formation veulent faire leur part du travail en intégrant ces compétences dans leur pratique professionnelle.»

Le WWF, créateur de la formation, a bien sûr cette intention. La Confédération soutient également l’effort puisqu’elle finance la formation à hauteur de 50% – lors de l’admission au brevet. Dans sa Stratégie pour le développement durable 2016-2019, elle déclare vouloir «intégrer encore plus solidement le développement durable dans le système de formation et l’étendre de l’école obligatoire à l’ensemble des secteurs pédagogiques.»