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Promotion des compétences de base pour éviter qu'un problème ne se transmette d'une génération à l'autre

Selon l'étude Pisa de cette année, de nombreux adolescents suisses présentent d'importantes déficiences de lecture. Si l'on n'y remédie pas, le problème se perpétuera jusqu'à l'âge adulte. Toutefois, à l'heure actuelle, de nombreux adultes sont déjà affectés par un manque de compétences de base. La FSEA s'efforce de rompre un cercle vicieux dangereux.
 
L'étude Pisa de l'OCDE est une comparaison internationale des compétences des élèves dans différentes matières. Réalisée pour la première fois en l'an 2000, elle est effectuée tous les trois ans et échauffe les esprits. Il en fut également ainsi lors de sa dernière publication début décembre. Alors que l'organisation faîtière des enseignantes et des enseignants suisses (ECH) critique la méthode, que les responsables politiques de l'éducation mettent les résultats en doute, les médias ont avant tout souligné un point : la déficience en lecture des jeunes de 15 ans.

Ce problème ne touche pas seulement les jeunes
De fait, la compétence en lecture des jeunes de 15 ans se situe tout juste dans la moyenne de l'OCDE. Un cinquième des élèves testés a de la peine à comprendre un texte simple. Les déficiences en lecture et en écriture au sein de la population suisse ne sont néanmoins pas un phénomène nouveau et ne sont depuis longtemps pas limités aux jeunes. Des études plus anciennes chiffraient il y a quelques années le nombre d'adultes concernés à quelque 800'000 personnes. Les jeunes d'aujourd'hui sont les adultes de demain et traînent leurs éventuelles déficiences en lecture et en écriture jusque dans leur vie professionnelle.

Ce problème n'est pas une bagatelle et il doit être traité à l'école primaire – mais également dans la formation des adultes. Il serait désastreux de se contenter du fait que les élèves suisses sont excellents en sciences et en mathématiques. Il serait tout aussi désastreux de supposer que le manque de compétences de base ne touche que les personnes issues de l'immigration.

Ce que le robot n'arrive pas à faire
Le monde du travail est en pleine mutation et les professions n'exigeant pas de compétences de base sont vouées à disparaître – ce n'est pas un secret. Ce qu'à l'avenir l'on attend des personnes actives, ce sont des compétences que le robot et l'ordinateur ne maîtrisent pas mieux que les hommes. Ces compétences sont en premier lieu de nature linguistique et créative et ont trait à la capacité d'interprétation et à la faculté de représentation.

Ne nous laissons pas éblouir par le numérique. Écrire un programme informatique ne signifie pas résoudre des exercices de calcul mais écrire des codes. Mais que sont les codes sinon un langage? Oublions l'image de l'intello qui concocte gentiment ses programmes loin de tout. Le travail du futur sera nettement plus collaboratif, ce qui présuppose une compréhension des uns et des autres – et pas seulement dans la langue maternelle.

La FSEA est active
La FSEA est consciente de cette évolution et conçoit ses programmes en fonction de ces nouvelles donnes. Elle mise sur la sensibilisation, tant de la population que du monde politique et des employeurs. C'est à eux en premier qu'il revient de prendre des mesures pour que leurs employés continuent à se former afin que leur entreprise reste compétitive.

La FSEA a mis en place un instrument concret à cet effet, tel que le programme «GO» pour la conception et la mise en place de mesures de formation en situation de travail. Elle présente par ailleurs sur le site www.weiterbildung-in-kmu.ch un guide pour la formation continue en entreprise ainsi qu'un test de formation continue (pour l'instant, uniquement en Allemand).

La formation continue offre des opportunités
La loi sur la formation continue qui entrera en vigueur le 1er janvier 2017 offre également l'occasion de renforcer les compétences de base. Avec son président Matthias Aebischer et sous la direction de Monsieur Bernhard Grämiger, la FSEA va suivre de près l'application de la loi et continuera d'agir sur les parties prenantes. À la lumière de l'étude Pisa, la promotion des compétences de base des adultes apparaît plus urgente que jamais, d'autant plus que les jeunes éprouvant des difficultés de lecture proviennent souvent de familles qui n'attachent pas une grande importance à la lecture et à l'écriture. Dès lors, la promotion des compétences de base des adultes revient à éviter qu'un problème se transmette d'une génération à l'autre.

Ronald Schenkel, responsable de la communication

ronald.schenkel@alice.ch