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La formation continue comme avantage concurrentiel

  • 24.04.2018

Dans le présent numéro de "L'économie zurichoise" de l'Association des PME et du commerce du canton de Zurich, on se concentre sur la formation continue d'un point de vue économique. Bernhard Grämiger, directeur de la FSEA, explique dans un entretien comment la formation continue devient un facteur de compétitivité pour les PME.

Entretien : Marcel Hegetschweiler
Publié dans Zürcher Wirtschaft, avril 2018, PER Zurich, p. 5.

Monsieur Grämiger, vous êtes impliqué dans la formation continue en Suisse depuis plus de dix ans. Vous êtes directeur de la fédération suisse pour la formation continue (FSEA) depuis plus d'un an. Qu'est-ce que cette nouvelle perspective de la formation continue vous a apporté ?

Ma participation en tant que directeur de la FSEA dans des organismes internationaux m'a ouvert les yeux une fois de plus au-delà des frontières de la Suisse. De nombreux défis auxquels nous sommes confrontés en Suisse sont également présents dans d'autres pays. Nous pouvons apprendre de ces pays, tout comme ils peuvent apprendre de nous.
Ensuite, nous avons une nouvelle Loi sur la formation continue depuis début 2017. Mais cela n'a pas automatiquement conduit à ce que tout soit réglementé en matière de formation continue en Suisse. Il s'agit maintenant de travailler à la mise en œuvre de cette loi. Nous constatons que même le gouvernement fédéral ne respecte pas pleinement sa loi, par exemple lorsqu'il s'agit de l'assurance qualité des cours subventionnés dans la formation et la formation professionnelle supérieure.

Qu'est-ce que le gouvernement fédéral fait de mal ?
Depuis le 1er janvier 2018, les diplômés des cours préparant à un examen fédéral bénéficient d'un soutien financier direct de la Confédération. Toutefois, la condition préalable est que les bénéficiaires aient suivi un cours préparatoire, qui est inscrit sur une liste d'inscription de la Confédération. Or, l'ordonnance adoptée par le Conseil fédéral ne prévoit pas de contrôle de la qualité de ces cours, bien que la loi sur la formation continue l'exige explicitement. Pratiquement tous les prestataires peuvent s'inscrire. Nous avons fait campagne pour que l'assurance qualité ait lieu, malheureusement en vain jusqu'à présent.

J'ai lu que la sensibilisation à l'apprentissage tout au long de la vie a été une priorité dans votre travail à la FSEA. Où avez-vous appris quelque chose pour la dernière fois ?
J'apprends constamment de nouvelles choses dans mon travail, et plus récemment, l'importance de la coopération est redevenue plus claire pour moi, par exemple dans le cadre de l'ONG "Coalitioneducation" mais aussi dans le cadre du travail conjoint avec la Conférence suisse des institutions d'action sociale. Nous partageons des préoccupations communes, mais nous les abordons sous des perspectives différentes. Mais ensemble, nous avons beaucoup plus de pouvoir.

Les chiffres publiés par l'Office fédéral de la statistique en 2015 montrent que la part des petites et moyennes entreprises de 10 à 249 employés soutenant la formation continue de leurs employés a augmenté entre 2011 et 2015. Quelles pourraient en être les raisons ?
Les chiffres doivent être traités avec prudence. Davantage de PME investissent dans la formation. Mais les statistiques ne disent rien sur le montant de l'investissement. Il n'est pas exclu que les investissements globaux n'ont pas été supérieurs à ceux des années précédentes ou n'ont été réalisés que de manière très sélective. Mais, dans l'ensemble, l'importance de la formation continue est de plus en plus reconnue. De nombreuses PME l'ont compris : ceux qui ne font rien souffrent rapidement de désavantages concurrentiels. La numérisation exacerbe cette tendance.

La journée des PME de la FSEA de l'automne dernier a montré que de nombreuses PME comprendraient le terme "formation continue" exclusivement comme des cours externes coûteux en temps et en argent, écrit la FSEA dans un article de blog. Ils définiraient davantage l'apprentissage et le transfert de compétences sous le terme "développement du personnel". Comment une telle "évolution du personnel" peut-elle se présenter dans les entreprises ?
D'abord et avant tout, une partie du processus de développement du personnel consiste à définir des objectifs. Une analyse des compétences fournit des informations sur la situation actuelle et ce que vous voulez réaliser. Enfin, il s'agit de sélectionner les mesures de développement. Celles-ci peuvent aussi être informelles. Il ne s'agit pas toujours de suivre des formations coûteuses. Cependant, le transfert de ce qui a été appris est absolument central. Si vous continuez votre travail comme avant la formation, celle-ci est vaine.

La FSEA identifie le potentiel de développement dans le traitement stratégique et structuré de la formation continue dans les PME. Dans la plupart des cas, la formation serait ad hoc et en réponse aux pénuries du personnel. Pourquoi une approche prospective de la formation continue est-elle importante pour les entreprises et comment les PME peuvent-elles en développer une ?
Les PME devraient considérer la formation comme un facteur de compétitivité stratégique. La formation doit faire l'objet d'un budget. Si l'entreprise a une stratégie de formation holistique, elle est en mesure d'exploiter tout son potentiel d'apprentissage et de performance.

La formation continue des employés est souvent coûteuse. Pour quelles raisons serait-il bénéfique pour l'entreprise de participer à ces coûts?
Il y a un certain nombre de raisons pour lesquelles cela a du sens. Les employés, dans lesquels on investit, remercient l'entreprise par la motivation et souvent aussi par la loyauté. A cela s'ajoute le gain de compétence. Si, comme mentionné ci-dessus, le transfert est réussi, l'entreprise et les autres employés en bénéficieront. Enfin, il a été prouvé qu'investir dans la formation, c'est aussi investir dans la santé des salariés. Et moins de jours de maladie ont un effet positif direct.
(Traduit par AR).

La bonne stratégie de formation peut devenir un avantage concurrentiel pour une PME (Photo : Pexels).