Au Mozambique, la FSEA met son expertise au service des compétences des jeunes


Comment développer les compétences de base tout en préparant concrètement des jeunes à exercer un métier ou à créer leur propre activité ? Au Mozambique, la FSEA apporte son expertise au projet SIM! d’Helvetas, qui relie apprentissage, situations de travail et insertion économique.

Mis en œuvre par Helvetas dans les provinces de Cabo Delgado, Nampula et Niassa, le projet SIM! – Skills for Young People in Mozambique vise à améliorer les perspectives professionnelles et économiques de jeunes femmes et hommes confrontés à des conditions d’accès difficiles à la formation et au marché du travail.

Sa particularité: ne pas séparer les compétences de base de la formation professionnelle. Littératie, numératie et compétences numériques sont directement travaillées à partir de situations concrètes. Lire une instruction, mesurer des matériaux, calculer les coûts d’une prestation, établir un budget, communiquer avec un client ou utiliser un smartphone deviennent ainsi autant de situations d’apprentissage.

Apprendre à partir du travail réel

Cette approche, appelée GO-R, met l’accent sur l’action, l’observation et la réflexion. Les compétences sont développées dans des situations proches des réalités professionnelles et économiques des participantes et participants.

En 2026, la FSEA a apporté son expertise à l’évaluation externe de la première phase du projet. L’analyse s’est appuyée sur les documents et outils du programme, des entretiens, des visites de centres ainsi que des ateliers participatifs avec les équipes, les facilitateurs et facilitatrices et les formateurs et formatrices.

Les résultats montrent notamment l’intérêt d’une formation directement reliée aux usages professionnels. Les progrès observés sont particulièrement importants dans les compétences mathématiques appliquées : +24,3 % pour les mesures et les calculs et +28,1 % pour la gestion d’un budget.

Rendre les compétences visibles

L’une des priorités identifiées pour la suite consiste à mieux mesurer ce que les jeunes savent réellement faire à l’issue de la formation.

La FSEA propose notamment de renforcer l’évaluation à travers des observations en situation de travail, des démonstrations pratiques, des portfolios et des mises en situation professionnelles. Les compétences devraient également être décrites selon des niveaux de progression clairement observables.

À terme, cette approche doit aussi permettre de renforcer la valeur des certificats : ceux-ci pourraient indiquer non seulement qu’une personne a suivi une formation, mais également quelles compétences elle a démontrées et à quel niveau.

Consolider un modèle durable

L’expertise de la FSEA concerne également la professionnalisation des facilitateurs et facilitatrices et des artisanes formatrices. Coaching, mentorat, échanges entre pairs et reconnaissance progressive de leurs compétences doivent contribuer à garantir une qualité comparable dans les différentes régions.

Le message principal de l’évaluation est clair: consolider avant d’étendre. Il s’agit désormais de formaliser les modules et les standards de compétences, d’améliorer les outils pédagogiques, de renforcer l’évaluation et de développer les partenariats avec les entreprises, les institutions publiques et les acteurs de la formation.

La deuxième phase de SIM!, prévue de 2027 à 2030, devrait concerner environ 4’500 jeunes de 15 à 35 ans. Helvetas prévoit de la mettre en œuvre avec des partenaires locaux, avec un objectif central: renforcer la qualité et inscrire progressivement le modèle dans les structures locales de développement des compétences.

Avec SIM!, la FSEA mobilise ainsi son savoir-faire en matière de compétences de base, d’apprentissage orienté vers les situations de travail, d’évaluation des compétences et de professionnalisation des formateurs dans un contexte international. Une coopération qui contribue aussi à faire circuler les expériences entre la Suisse et le Mozambique autour d’un même enjeu: permettre aux personnes de développer des compétences qu’elles peuvent réellement mobiliser dans leur vie professionnelle.